La télé des années 80 a vu apparaître de nombreux concepts d’émissions. Parmi eux, des émissions polémiques  dans lesquelles chacun utilise son « droit de réponse ». Sur un plateau d’invités sélectionnés sous forme de cocktail Molotov, les contraires s’affrontent, s’apostrophent…les joutes verbales fusent. Pas de compromis, peu de dialogue…Bref, rien que du « spectacle » télévisuel.

Puis les concepts évoluent. Le genre « explosif » cède la vedette au genre « lacrymal ». En effet, dans l’intimité télévisuelle, les invités racontent leur parcours, leurs mésaventures, sous l’œil attendri du présentateur. On invite toujours les opposés et les contraires, mais les uns à la suite des autres. Chacun se raconte, se comprend, se rassure, s’encourage même, dans des choix opposés, et tout le monde pleure.

L’encyclique  Caritas in veritate de Benoît XVI, nous invite à ne pas isoler charité et vérité. « Dépourvu de vérité, l’amour bascule dans le sentimentalisme », affirme Benoît XVI.  Il est « la proie des émotions » (1) et se voit qualifié de « réservoir de bons sentiments » (2) Voilà une façon de dire  « Bas les masques » sur une compassion télévisuelle qui confond l’empathie et l’anomie (absence de norme morale), l’audimat et la charité, la vérité et le relativisme.

Le syndrome « c’est mon choix » a fait des émules. On ne compte plus les confessions publiques à l’empathie programmée. Un feu d’artifice d’options diverses et variées qui font réfléchir sur nos choix de vie et les pérégrinations de tout un chacun.

Rien de moins simple que de chanter à tue-tête: « chacun sa route, chacun son chemin… » (3) en pensant profondément que « Jésus est le chemin, la vérité et la vie » ! Sommes nous toujours en phase avec l’Evangile ? Comment être sûr d’être cohérent avec notre finalité chrétienne ? Le théologien moraliste, Luc Dubrulle (4), sur le site internet discernement.com, dresse quelques critères en vue d’effectuer de bons choix.

 En voici quelques extraits choisis qui pourront, peut-être, nous aider dans les décisions toujours plus pressantes de ce mois de septembre (Engagements caritatifs, vie professionnelle, activités en tout genre, etc…).


1/Tout d’abord, faire un choix, c’est choisir entre deux choses bonnes ! Et non pas choisir entre une bonne et une mauvaise chose. (Et, à fortiori entre deux mauvaises.) 5


2/ « Il importe de pouvoir décider nous-mêmes et de ne pas laisser la vie décider à notre place » : Il convient donc d’être acteur de sa propre vie. Avons-nous réellement choisi nos engagements ? Ou bien est-ce une reconduction tacite, sans conviction, sans optimisme et sans joie ? Dans l’absence de décision se glisse l’informe, l’équivoque et la lassitude.


3/ Est-ce que j’ai pris le temps de décider, de discerner (en faisant un bilan objectif des années précédentes.)


4/ Faire un choix demande d’accepter le renoncement.


5/ Il faut être « auto provident » à soi-même. En d’autres termes, se donner les moyens d’atteindre son objectif.


6/Une bonne décision est celle qui contribue à notre unité intérieure.

Enfin, il nous faut prendre conscience que, dans une décision, il y a un peu de ce que je veux devenir (6). C’est comme une identité qui se dévoile, une destinée qui se profile, un cœur qui se réoriente vers Dieu son créateur !

Images empruntées sur le net

 


1Benoît XVI, La charité dans la vérité, p14-15

2 ibid p 16

3 Chanson de variété à succès. 

4 Prêtre et directeur de l’Institut d’Etudes Religieuses de Paris.

5 Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique

6 Gaudium et Spes 41 « l’homme moderne est en marche vers un développement plus complet de sa personnalité. »