C’est la fête du monoï 1. La chaleur s’annonce enfin. Tous les indices sont au vert pour avoir une mine superbe en rentrant et ils seront bientôt au rouge lorsque vous allez ressembler à une écrevisse. Le beau temps est CAPITAL et notre capital solaire s’annonce en voie de saturation. On écoute la météo estivale comme la BBC en temps d’occupation. Il faut faire vite et vivre tous ces moments avec une rare intensité.

Car à moins d’être rentier, le temps est compté, le soleil est aléatoire et le repos n’est pas éternel. Quelques jours, quelques semaines pour les plus chanceux pour tenter d’effacer ce teint blafard de micro-ordinateur, de luminaires de centre commercial, de néons sans nuances d’entreprise ou d’hôpital. Voilà que l’on  redécouvre le soleil, le plein air, les embruns, le romarin et l’opportunité de RIEN faire…Une aubaine !

Mais contre toute attente se reposer pour certains est plus difficile qu’il n’y paraît. Car lorsque l’on est programmé à être efficace et rentable, rapide et corvéable : ne rien faire, c’est de la science-fiction ! Pour les sportifs hyper actifs par exemple Les vacances ressemblent aux premiers jours des soldes. Ruade sur l’office de tourisme, achat de matériel, décryptage des cartes IGN, étude des cols pour les montagnards. Est-ce l’effet des télés réalité de la jungle médiatique, il faut dépasser ses limites. On doit revenir avec de la matière à faire découvrir aux collègues autour de la machine à café avec des expériences pittoresques, des cols infranchissables et la prouesse technique du GR 20. « - On a frôlé  le rapatriement en hélico ! » C’est ce que l’on pourrait appeler des vacances« diplômantes ». « Je l’ai fait », « j’y suis arrivé », « je me suis prouvé que j’en étais capable ».


Pour d’autres hyper actifs plutôt à l’aise sur le coup de fourchettes, on enchaîne les dégustations, visites, ballades et reportages photos ! Il ne faut rien louper ! Tout se vit à profusion. Vacances boulimiques après une overdose de labeur. Un repos aux allures d’« amphétamine » en guise de pied de nez aux sacrifices de toute l’année…vacances euphorisantes, tout du moins les premiers jours. Quant à notre entourage est-il aussi euphorique que cela ?

Pour d’autres à l’inverse, la première chose à optimiser, c’est le REPOS… La première ouverture des paupières se situera entre 10 h et 11 h 45 du matin, à l’heure ou le beurre a déjà fondu sur la terrasse. Au moment où on ne sait jamais si l’on doit entamer les croissants ou un repas consistant.Enfin, est-ce une mouche tsé-tsé ou le chicoungougna, que sais-je ? Tout activité relève d’un effort magistral, et l’élaboration d’un sac de plage sera l’ultime record de la journée. C’est sûr, le dernier bouquin intello (qui a plombé nos bagages) ne mettra pas le nez dehors et l’ambition de rattraper notre retard culturel s’est évaporé avec les centigrades.

Il n’existe pas de guide des vacances catho, tout comme il n’existe pas de standard de repos… Mais gare au vieux réflexe de vivre dans l’excès plutôt que dans la Paix. Mécanisme d’ivresse qui nous mène la vie dure au quotidien et mélange quantité et qualité. Si le repos est mesurable, il l’est en une inflation de paix intérieure qui rejaillit sur notre entourage et qui ouvre notre regard sur l’infini. Préparation nécessaire au repos éternel sans doute !

 


Bonnes vacances !

 

Images empruntées sur le net

 

1 Le Monoï  est utilisé comme huile bronzante.