«  A vot’ bon cœur m’sieur dame ! C’est pour l’Afrique… les plus démunis… la paroisse. » Vous ne savez pas ce qui vous arrive. Vous vous étiez proposé pour un service, probablement en quête de spirituel  et vous voici propulsé  à la quête. Vous vouliez être mendiant d’Amour, vous voici mendiant tout court ! C’est franchement moins glorieux !

L’argent toujours l’argent. Dans la vie ecclésiale, on s’en passerait bien. Pas facile de réaliser qu’il n’est pas seulement le nerf de la guerre mais aussi le nerf de la Paix et vecteur d’évangélisation. Alors pourquoi ne pas se transformer en VRP caritatif, en commercial du bon dieu. Entre les fonts baptismaux et les fonds de trésorerie, il n’y a qu’un pas. Et, ne spéculons pas sur la question, ce n’est pas l’apanage des temps modernes ! Pauline Jaricot, Saint Jean Bosco et Saint Vincent de Paul l’ont bien compris : il faut de l’argent pour les œuvres !  Il y aurait même, un brin de sanctification dans la démarche : le souci des œuvres et des autres impliquent tout simplement une façon de vivre ensemble et de vivre sa Foi. La démarche à donc sa composante spirituelle.

Alors chacun sa méthode pour le denier. Depuis les temps immémoriaux, tels des pélerins, on frappe aux bonnes portes. Mais avec le temps et les moyens, la tâche se médiatise. Radiodiffusés ou télévisés les appels aux dons retentissent dans l’urgence pour répondre à une famine, un grand froid, à un tsunami de misère.
La quête se fait aussi plus technique en empruntant des méthodes marketing. Elle quitte ainsi nos portes pour s’engouffrer dans nos boîtes aux lettres, blottie entre les factures et les catalogues de vente par correspondance. Les appels aux dons se matérialisent en courrier avec chapelets incorporés et crèches à colorier.

Mais heureusement, l’imagination ne manque pas, nous savons faire plus gai et plus ludique, voire plus savoureux ! « A ta droite Seigneur, éternité de délices. » (1) C’est ainsi que notre région qui a le culte des fourneaux, a mis en place les confitures des JMJ. Délicieuse trouvaille en matière d’évangélisation et de récolte de fonds.
Méthode savoureuse s’il en est. : 50 % de fruits, 50% de sucre, 100 % bénéfice pour l’Eglise tout entière.

Il fallait du talent pour imaginer le concept de « l’évangélisation gustative ». Car a bien y réfléchir, n’est-ce pas incroyable d’avoir la possibilité de transmettre la foi en mangeant des tartines ? Et peut-on rêver plus doux que de satisfaire l’appétit spirituel des uns en soignant les papilles des autres ? Alors, après un été caniculaire pour les uns et caloriques pour les autres, l’heure est au bilan ! Entre bilans d’insuline ou d’insolations, voyons l’essentiel : Madrid, bordée de terre, est devenue insulaire… transformée en un îlot de ferveur aux dimensions du monde. Lumière incandescente pour l’Eglise universelle. Véritable miracle des temps moderne. Combien garderont leur vie durant cette expérience de Foi ?

Alors, c’est sûr :  les confitures des JMJ, c’est pas à pas et pot à pot, une véritable communion spirituelle. La recette fait des miracles et les miracles feront recettes. Une véritable spirale ascendante.
Une petite question subsiste tout de même : combien de confitures allons-nous devoir manger pour les JMJ du Brésil en 2013 ?


1 Psaume 15


Images empruntées sur le net